mardi 2 juin 2009

Toni Nadal: "Un public stupide"

Toni: "Un public stupide"
Eurosport

Toni Nadal, lors d'un entretien radiophonique réalisé pour Cadena Ser, en Espagne, a déclaré que le public parisien était "stupide". L'oncle et entraîneur de Rafael Nadal réagissait aux commentaires sur le public du court Philippe Chatrier, dimanche lors de la défaire du N.1 mondial.

"Ils le disent eux-mêmes et c'est vrai, le public parisien est stupide. Je crois que les Français n'aiment pas quand les Espagnols gagnent. Souhaiter la défaie de quelqu'un est une façon vaniteuse de s'amuser. Ils se comportent avec la vanité des gens qui se croient supérieurs", voici la déclaration dans son entier de Toni Nadal sur la chaîne de radio espagnole Cadena Ser. On peut comprendre l'amertume de Toni. Le public français n'a jamais été tendre avec Rafael Nadal et il a globalement savouré sa chute inattendue contre Robin Söderling dimanche. Ses parcours à Roland-Garros l'ont fasciné mais pas conquis. Les insinuations concernant la capacité physique du Majorquin ont eu ensuite un impact non négligeable sur son image dans les médias et parmi les spectateurs.

A la caricature de Nadal, certains ont peut être opposé un peu vite le tennis diaphane de Roger Federer, occultant par la même occasion les qualités techniques de l'Espagnol. Favori du public après les représentants français, le Suisse l'est certainement, comme Andre Agassi en 1999 avait pu l'être. S'il s'impose, Federer deviendra en effet le deuxième joueur de l'histoire à gagner les quatre tournois du Grand Chelem sur quatre surfaces différentes.

Le public veut du spectacle

On peut aussi évoquer le goût pour le spectaculaire, le goût de l'arène que flatte si bien le court central. Que le plus fort soit battu par surprise suffit à ceux qui attendent la "mise à mort" version corrida ou version gladiateur romain. Quel que soit le fair-play et les qualités techniques du joueur (en l'occurence du N.1 mondial). Et ça, c'est valable sur tous les grands courts du monde. Ce genre de stupidité n'appartient pas uniquement aux Parisiens d'un jour.

Toni Nadal, qui avait répondu aimablement à nos questions lors du tournoi de Bercy, est confronté à une nouvelle situation. Favori, N.1 mondial, son neveu est devenu la cible absolue, comme Federer a pu l'être en 2007 après deux ou trois années d'état de grâce. C'est à ce genre de désagrément que s'exposent les N.1. Il faut également remarquer qu'il est difficile d'identifier un public par tournoi, au-delà des coutumes et du climat local (les Américains mangent des frites pendant les matches, les Anglais des fraises et les Français bronzent) et des clichés pseudo-patriotiques ("Les Français n'aiment pas les vainqueurs"). Le public dont parle Toni Nadal est composé autant de spécialistes qui connaissent la vitesse de rotation de la balle de Rafael que de fans d'un jour, prêt à porter le bouc le lendemain parce que Robin Söderling en portait un le jour de sa victoire... Le sport aujourd'hui, c'est un spectacle qui ressemble parfois au carnaval. On adore y brûler les idoles, comme aux Fallas de Valence, en face de l'île de Majorque.

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