dimanche 6 juillet 2008

Nadal, nouveau roi de Wimbledon.

Paul Roux - Court central

Le Dimanche 6 Juillet 2008, 17h26

Nadal, nouveau roi de Wimbledon

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À sa troisième tentative, Rafael Nadal a fini par vaincre Roger Federer dans son jardin londonien. Mais la bataille a été épique. Le match, qui devait débuter à 14h à Wimbledon, s’est terminé passé 21h. Les adversaires se seront affrontés pendant près de cinq heures. La pluie aura fait le reste.

La première interruption, à 5-4 de la troisième manche, a favorisé le champion en titre. Federer, qui n’avait perdu que deux jeux de service depuis le début de ce tournoi, en a laissé échapper deux d’affilée à la fin du deuxième set. Ce qui donnait une avance quasi insurmontable de deux manches à rien à Nadal. Jusque-là, le Suisse jouait mal les points importants. Il avait perdu notamment trois balles de bris sur quatre, sur sa mise en jeu, et raté onze balles de bris sur douze, sur celle de son adversaire.

Fan de peu de foi, je ne donnais pas cher de la peau du roi Roger. Mais le champion des cinq dernières années s’est accroché. S’il ne parvenait pas à prendre le service de son rival, il ne perdait plus le sien. Les deux joueurs se sont retrouvés deux fois au jeu décisif, et deux fois Federer l’a emporté. Le premier était digne du Maître : quatre aces et deux coups droits gagnants. Au deuxième, il a dû sauver deux balles de match. Les fantômes de Wimbledon semblaient revenus.

Mais la deuxième interruption, à 2-2, égalité, cinquième manche, a plutôt joué en faveur de Nadal, qui venait de perdre deux sets crève-cœur et qui avait manifesté des signes de nervosité dans le second jeu décisif.

Au retour, l’issue de la dernière manche a été spectaculaire et d’un niveau exceptionnel. Résistant à la fatigue et à la nervosité, les deux joueurs ont continué à accumuler les coups gagnants et à gagner leurs jeux de service. Nadal a dû cependant sauver une balle de bris. Federer a fini par céder sur la sixième. Le Majorquin pouvait se laisser tomber par terre, secoué par l’émotion, avant d’aller serrer la main de son meilleur ennemi. Au final : 6-4, 6-4, 6-7, 6-7 et 9-7.

La fin d’un règne

Son triomphe, qui survient quatre semaines après sa victoire à Roland-Garros, met fin au règne de cinq ans de Federer à Wimbledon. Un sixième titre lui aurait permis de battre le record de Bjorn Borg et de s’approcher à un pas des quatorze victoires de Pete Sampras en Grand Chelem (14). C’est pourquoi cette défaite in extremis sera très dure à encaisser. Paradoxalement, je crois qu’elle fera plus mal que la dégelée subie à Roland-Garros.

Le Suisse peut cependant se consoler en se disant qu’il conserve sa place de numéro un, à laquelle il tient beaucoup et qu’il occupe sans interruption depuis février 2004. Le Majorquin peut certes le doubler d’ici la fin de l’année, mais il lui faudra continuer sur sa lancée.

Autre motif de réconfort : Federer a prouvé qu’il pouvait encore rivaliser avec Nadal sur toutes les surfaces autres que la terre battue. Il vient de perdre une bataille, mais peut-être pas la guerre. Les prochaines batailles auront lieu en Amérique.

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