Le Jeudi 3 Juillet 2008, 14h22
À deux matchs d’une finale Federer-Nadal
Les deux grandissimes favoris n’ont plus qu’un adversaire chacun à écarter avant de se retrouver pour la troisième année d’affilée en finale de Wimbledon.
Des deux, c’est Roger Federer, et de loin, qui aura l’obstacle le plus grand à surmonter. Sur la route de son sixième titre au All England Club, le no1 voit se dresser devant lui un revenant : Marat Safin (ci-dessus) , ex-no1 mondial, ex-champion de l’US Open et des Internationaux d’Australie. Contre toute attente, ce joueur déclinant qui avait glissé tout près du 100e rang, au point de devoir jouer les qualifications à Hambourg, est en train de renaître sur une surface qui ne lui avait jamais convenu, même dans ses grandes années.
Safin a-t-il quelques chances de stopper Federer dans sa quête du record de Bjorn Borg? Lui-même s’en attribue assez peu. Depuis sa victoire sur Feliciano Lopez, il s’applique à diminuer les attentes. «Pour battre Federer, a-t-il dit, il faut ressembler à Nadal, courir comme un lapin et frapper des coups gagnants de tous les coins du court. Je pense que ce sera difficile pour moi de le battre.» C’est de bonne guerre. Il ne faut pas provoquer le Maître si on veut éviter la correction. Federer, de son côté, répond à ce coup de poker en vantant son adversaire.
Dans les faits, les chances de Safin sont minces, mais elles ne sont pas inexistantes. Il n’a rien à perdre, il relance bien ses services, ses frappes sont lourdes et profondes. Le Russe a déjà battu deux fois le Suisse en dix affrontements. Sa dernière victoire remonte à 2005, à l’Open d’Australie. Dans une demi-finale d’anthologie, Safin avait éliminé le champion en titre en cinq manches, après avoir sauvé une balle de match à la quatrième.
Malgré tout, je doute que le Russe puisse gagner cette fois. Le quintuple champion de Wimbledon s’amènera gonflé à bloc par ses 64 victoires consécutives sur gazon, dont deux contre son adversaire. Une victoire lui permettrait en outre d’en découdre de nouveau avec Rafael Nadal, qui l’a écrasé à Roland-Garros et qui menace sa suprématie. Il serait étonnant qu’il ne saisisse pas l’occasion. On peut donc prédire une victoire du Suisse en trois ou quatre manches.
Un billet pour Nadal
Rafael Nadal, de son côté, devrait n’avoir aucun mal à gagner son billet pour la finale. Il affrontera lui aussi un revenant, mais celui-là n’a rien d’un spectre. Rainer Schuettler (ci-dessous), un Allemand de 32 ans qui a dû jouer des challengers pour remonter au 94e rang mondial, n’avait gagné que quatre matchs en 2008 avant de s’amener à Wimbledon. Vendredi, il se présentera sur le central épuisé par un quart qui aura duré deux jours et cinq longues manches. Après son duel contre Arnaud Clément, les coups de Nadal lui paraîtront bien incléments.
À moins que le Majorquin ne se torde les deux genoux, il faut prédire un triomphe en trois manches.
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